Le Droit : Une semaine en autobus: retards et embûches pour des élus d'Ottawa

À Sylvie Branch

Dix-sept conseillers municipaux d’Ottawa sur vingt-quatre ont relevé le défi de prendre le transport en commun pendant une semaine, non sans embûches ou pépins. Au terme de ce défi, l’organisme Free Transit Ottawa réclame des améliorations au système actuel, dont un gel des tarifs.

La conseillère du quartier Somerset, Catherine McKenney s’est prêté au jeu et a partagé son expérience sur les réseaux sociaux. Selon elle, la ville a besoin d’un système de transport en commun local plus équitable et efficace. 

Jeudi dernier, elle a dû prendre un taxi afin d’éviter d’être en retard puisque l’autobus de la route 85 sur la rue Preston n’est jamais passé.

« Je reçois plusieurs plaintes à propos de ce trajet. J’ai dû débourser pour me rendre à une entrevue, a-t-elle tweeté. Heureusement, j’avais les moyens de le faire et je n’aurais manqué qu’une entrevue, mais que se serait-il passé si j’étais en retard au travail ou pour aller chercher les enfants à la garderie ? »

Les organisateurs du défi estiment que le jeu en valait la chandelle, puisque plusieurs conseillers ont pu vivre le quotidien de nombreux Ottaviens. Ils déplorent que le maire Jim Watson ait refusé de prendre part au mouvement.

« Certains conseillers ont avoué que c’était plus compliqué qu’ils le croyaient, d’autres n’ont pas pu relever le défi certaines journées parce qu’ils voulaient éviter d’être en retard. On a apprécié ces commentaires honnêtes concernant leur expérience et je pense que pour plusieurs, ça leur a ouvert les yeux », confie Anne-Marie Roy, bénévole auprès de Free Transit Ottawa.

L’organisme a présenté trois recommandations afin d’améliorer le service de transport en commun dans la capitale fédérale.

Groupe de travail

Les membres aimeraient lancer un groupe de travail composé de citoyens et d’élus qui développerait des idées afin que le réseau réponde mieux aux besoins des usagers. De plus, ils demandent la gratuité pour les personnes âgées de 25 ans et moins et ils revendiquent un gel des tarifs.

Sur ce dernier point, le conseiller Shaw Menard se rallie derrière eux et souhaite que la municipalité gèle les tarifs dans son prochain budget.

« Avec les inquiétudes quant au lancement du train léger, le besoin de geler les tarifs prend de l’importance et plus particulièrement pour les gens à faible revenu », écrit-il dans un communiqué.

Le conseiller du quartier Capitale rappelle que le nombre d’usagers est en baisse depuis 2008 et croit qu’une hausse des tarifs n’améliorera pas la situation.

De son côté, le conseiller et vice-président de la Commission du transport en commun, Jean Cloutier, ne croit pas qu’un gel de tarif soit la solution.

« Le service doit s’améliorer, concède-t-il. Pour améliorer le service, je ne crois pas que de geler les tarifs ou d’avoir la gratuité sont des solutions. On a besoin de ces fonds pour améliorer les services. »

Catherine McKenney